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Domuni - Transmission de la Foi

Domuni, Université Dominicaine. Cours et formations de théologie, bible, philosophie, éthique, histoire, sciences humaines, science des religionsuniversité
dominicaine
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Éditorial : s’informer, méditer et réfléchir

La Conversion

- par Domuni

 

La Conversion

Luc 3,10-18

Jean-Baptiste engage ceux qui le suivent au changement. Il s’agit de préparer la venue du Seigneur et à cette fin, le comportement et le cœur de l’homme doivent être marqués par le retournement. Entendons par-là une manière d’être qui doit disposer le croyant à recevoir, accueillir et être transformé par Celui qui vient. L’enracinement au plus profond du croyant d’un état de retournement, de conversion, est cela même qui laisse venir le Seigneur, venir du Seigneur qui est identique à un devenir vivifiant dans le croyant. Engagement du Seigneur qui vient et détachement du croyant qui se tourne vers Lui vont de pair, c’est là une seule et même réalité de vie « spirituelle ». Jean Baptiste est donc l’initiateur d’un comportement qui doit caractériser la vie du croyant comme telle : croire consiste en un retournement parce que Celui auquel nous croyons est Celui qui vient, en toutes choses et à chaque instant. La conversion est la marque propre du croyant.

Cet acte fondateur et permanent de la foi qui fait se tourner vers le Seigneur parce que le Seigneur vient vers nous, cet acte doit trouver dans le croyant les résonances humaines et spirituelles qui le disposeront à ce retournement. Il y a une conversion qui dispose à la conversion. C’est à cette conversion première à laquelle invite Jean-Baptiste ; et elle est déjà elle-même le fruit ou plutôt le germe de cette venue du Seigneur au milieu des hommes. Chacun doit savoir et doit trouver ce qu’il faut faire pour que vienne à lui Celui qui vient. A la triple question : « que faut-il faire ? » Jean-Baptiste répond chaque fois en renvoyant chacun à sa propre réalité de vie. C’est là qu’il faut trouver ce qu’il y a à faire et ce qui vaut pour l’un ne vaut pas nécessairement pour l’autre. Mais l’état d’esprit qui préside à cette remise en question est cependant très clair : partage, exigence de justice et d’honnêteté, n’abuser de rien ni de personne, souci d’autrui et détachement de soi. Les recommandations du Baptiste sont chaque fois circonstanciées en fonction de l’interlocuteur, elles sont équilibrées et invitent toutes au renoncement. Il s’agit d’élargir amplement l’espace du cœur et de la vie aux horizons de Celui qui vient. Au commencement du chemin, l’homme du désert qu’est Jean Baptiste nous invite toutefois à la sagesse et à la modération. La voix qui crie dans le désert vide de tout, aux prises avec l’absolu qui est tout, cette voix nous demande de rester dans la steppe pour commencer. Cette sagesse est indispensable car elle permet précisément de se mettre en route et de se tourner vers Celui qui vient à partir de cela même qui nous concerne au plus près. Elle nous prémunit par là contre toutes les tentations de l’illusion ou du désespoir.

Au peuple en attente (v.15) le Baptiste répond et répète qu’il n’est pas le Christ. Le désir du jour de Dieu doit grandir en nous à proportion d’un renoncement radical à vouloir le faire correspondre à nos propres attentes. Combien de chemins égarés furent empruntés et que d’affirmations trompeuses furent soutenues, jusqu’au fanatisme parfois, à ne pas vouloir entendre l’avertissement du Baptiste ! Aujourd’hui comme hier, les chantres d’illusion du Jour de Dieu ne manquent pas ! Le Dieu qui vient est exactement le contraire du Dieu que l’on ferait venir. Pour préparer la venue du Dieu qui vient, Jean-Baptiste doit-il aussi nous engager sur ce chemin à travers une démarche baptismale. Le baptême est l’événement de conversion qui, en nous assimilant à la Pâque de Jésus, fait mourir pour vivre, mourir à soi pour vivre en Lui, mourir aux dieux inventés pour vivre du Dieu qui vient. L’acte de conversion dont nous avons vu qu’il est constitutif de l’être croyant peut se résumer dans ce « pour ».

La vie chrétienne est un processus de ‘mort résurrection’. Le baptême doit être consommé et consumé dans le feu pentecôstal, feu qui purifie et sanctifie inséparablement, qui sanctifie en purifiant et purifie en sanctifiant. C’est pourquoi le Jugement de Dieu est une bonne nouvelle (v.17.18). Il faut donc s’exposer résolument et sans crainte aucune à ce souffle qui sépare la paille du blé, comme à ce feu qui consume la paille en cendres (purification) et transforme le blé en pain (sanctification). En cela même nous nous recevons du Ressuscité qui nous conduit jusqu’auprès du Père dans la force de l’Esprit vivifiant. Le Ressuscité ne cesse ainsi de venir dans son Eglise et en ce monde, jusqu’à ce que tout soit un jour renouvelé en Lui. Ce jour-là, jour de l’homme et jour de Dieu coïncideront alors pleinement et pour l’éternité.

Fr. Jean-Marc Gayraud,
dominicain

Luc 3,10-18

10 Et les foules l’interrogeaient, en disant : "Que nous faut-il donc faire ?" 11 Il leur répondait : "Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n’en a pas, et que celui qui a de quoi manger fasse de même." 12 Des publicains aussi vinrent se faire baptiser et lui dirent : "Maître, que nous faut-il faire ?" 13 Il leur dit : "N’exigez rien au-delà de ce qui vous est prescrit." 14 Des soldats aussi l’interrogeaient, en disant : "Et nous, que nous faut-il faire ?" Il leur dit : "Ne molestez personne, n’extorquez rien, et contentez-vous de votre solde."
15 Comme le peuple était dans l’attente et que tous se demandaient en leur coeur, au sujet de Jean, s’il n’était pas le Christ, 16 Jean prit la parole et leur dit à tous : "Pour moi, je vous baptise avec de l’eau, mais vient le plus fort que moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de ses sandales ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. 17 Il tient en sa main la pelle à vanner pour nettoyer son aire et recueillir le blé dans son grenier ; quant aux bales, il les consumera au feu qui ne s’éteint pas." 18 Et par bien d’autres exhortations encore il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle.



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