langues : [fr] [de] [en] [es] [it] Plan du site | Formations | Faculté | Boutique | Campus | Bibliothèque

Domuni - Transmission de la Foi

Domuni, Université Dominicaine. Cours et formations de théologie, bible, philosophie, éthique, histoire, sciences humaines, science des religionsuniversité
dominicaine
pour tous

cours et formations : spiritualité, foi, bible, théologie, philosophie, éthique, histoire, droit canonique, religions
Domuni accompagne votre formation, grâce à Internet
Accueil > Français > Formations > Minithéo > Mini contes > La Terre et le Coeur

La Terre et le Coeur

- par Françoise Dubost

Mini contes 

Un conte pour tous, même pour les tout-petits

On compare souvent le cœur à une bonne terre. Pourquoi une bonne terre ? Parce que la bonne terre comme le cœur ont la chance d’accueillir un trésor, et de permettre à ce trésor de s’épanouir. Ce trésor est une graine. Pourquoi en effet aurait-on besoin d’une terre, s’il n’y avait rien à semer, à recevoir ? La graine, la toute petite graine, est quelque chose de formidable. Elle contient tout en germe : on plante un petit grain, il s’ouvre et fait place à un arbre dans lequel viennent se loger les oiseaux du ciel. Dès qu’elle est jetée par terre, la graine ne cherche qu’à donner du fruit. Seulement pour donner du fruit, il faut qu’elle puisse mourir, c’est à dire s’ouvrir, libérer ce qui va grandir et donner d’autres graines qui à leur tour, donneront du fruit en mourant. Le but de la graine est de s’enfouir, de mourir pour revivre autrement. Or pour pouvoir mourir et donner du fruit, elle a besoin d’un nid douillet. Trouver un tel endroit n’est pas si facile pour elle. Parfois la graine tombe sur la route, sur ce macadam brûlant, les marcheurs la foulent aux pieds et l’écrasent, les voitures la font éclater. Elle ne peut pas se développer. Lorsqu’elle tombe dans les ronces, elle est tout de suite recouverte et enfouie au milieu des épines qui l’empêchent de grandir, car elle ne peut recevoir l’eau nécessaire à sa croissance et manque d’air pour respirer. Elle peut aussi tomber dans quelques centimètres de terre, de bonne terre, elle croit qu’elle va pouvoir lever. La terre et le coeur - (c) Françoise DUBOST, Domuni.org 2007Alors elle donne tout, elle essaie de grandir mais au bout d’un moment elle s’épuise car elle n’a pas été enfouie assez profondément. Elle se met à faner comme ces pieds de tournesol qui paraissent si maladifs au bord de certains champs, et qui envient ceux qui sont si beaux, grands, forts, et pleins de promesses.

Mais il arrive le plus souvent que la graine tombe dans la bonne terre. Là elle peut s’enfouir, et s’endormir. Alors elle dégage tout ce qui doit grandir et qui n’est encore que promesse. La promesse est quelque chose qui nous pousse en avant. La promesse fait vivre car elle provoque une attente.

On compare souvent la graine à la Parole de Dieu. Pourquoi ? Parce que cette Parole cherche elle aussi un nid douillet pour pouvoir à son tour grandir dans les meilleures conditions. Son but est de rejoindre le monde entier. Car il s’agit de la Parole de ce Dieu qui ne cherche depuis le début qu’à se donner, qu’à illuminer la vie des hommes, qu’à rentrer en communion avec les vivants. Pour cette Parole, communiquer est indispensable. Si elle ne trouve personne à qui parler, elle devient folle. Elle veut dialoguer, elle recherche sans cesse des oreilles prêtes à l’écouter, et une bouche pour lui répondre. La Parole désire de toutes ses forces se donner. Elle le désire tellement, qu’elle en meurt, comme la graine, mais pour revivre comme la graine, plus forte, plus vraie, plus féconde. Il lui faut donc trouver un endroit capable de l’accueillir, pleinement, sans obstacle à sa croissance, un endroit où elle peut s’épanouir comme une très belle fleur. Il lui faut une bonne terre.

« La moisson se terminait. Le cultivateur était heureux, la terre avait donné une belle récolte. Elle méritait de se reposer. Pendant quelques mois, il allait la laisser se détendre afin qu’elle soit de nouveau prête à être ensemencée. La terre savait tout ça. Après s’être donnée, elle connaissait ce temps de repos pendant lequel les oiseaux venaient picorer les vers qu’ils apportaient heureux dans les becs de leurs petits, trop petits encore pour se nourrir eux-mêmes. Elle savait que le cultivateur allait venir brûler le chaume, afin de la rendre encore plus fertile pour la prochaine récolte. Il fallait tout ce temps de repos pour lui permettre de se préparer pour la saison suivante.

Alors au début de l’hiver, viendrait le travail de la charrue. Les lourds socs s’enfonceraient en elle pour la retourner, la rendre souple et belle, lui redonner cette belle couleur brune dont les paysages d’hiver savent si bien se parer.

Ensuite viendrait pour elle le temps de se donner. Elle savait qu’il lui faudrait de la patience. Elle se laisserait pétrir comme on pétrit le pain avant de l’enfourner. Elle s’élargirait le plus possible afin de permettre aux grains qui allaient lui être envoyés, de trouver ce lieu où chacun pourrait s’épanouir au maximum pour pouvoir donner de beaux fruits. Elle aimait être cette belle et bonne terre, et désirait remplir sa mission de son mieux. Car après tout ce travail de préparation, arriverait le temps du semeur. Il viendrait, marcherait dans des sillons bien faits, et lancerait à la volée, les céréales de l’année nouvelle. Ce serait alors pour elle le temps de la maternité. Et ce temps là, elle ne voulait le rater pour rien au monde. Plus elle était belle, plus la moisson serait importante. Plus elle enfouirait au plus profond d’elle-même ces grains jetés à la volée, plus ils auraient une chance de mourir et de donner de beaux fruits. Il fallait qu’elle encourage ces grains à mourir en elle, car un grain qui ne veut pas mourir, ne porte aucun fruit. Elle ne pourrait pas recevoir tous les grains, cela, elle le savait aussi, que pouvait-elle y faire ? Elle avait ses limites elle aussi. Mais elle était fière de sa mission. Grâce à elle, l’homme mangerait encore une fois et pourrait nourrir sa famille. Elle savait que chaque année ce travail recommençait. Elle était heureuse de se donner. »

Cette terre, c’est le cœur. Il travaille chaque jour car il est nous-mêmes. Nous ne pouvons rien sans lui, c’est lui qui nous donne d’aimer, d’écouter, de savoir dire et de savoir nous taire. C’est avec lui que nous souffrons avec le malade, que nous nous réjouissons avec celui qui est heureux, que nous pleurons avec celui qui est dans la peine, que nous visitons le prisonnier, et donnons du pain à l’affamé. Il travaille tout le temps. Mais pour lui, ce n’est pas vraiment du travail, car il est guidé par l’amour. Le cœur est le lieu où tout le meilleur de ce que nous pouvons donner et être, se dilate et prend vie. Prendre le temps de reposer notre cœur. Lui donner d’admirer la fleur, d’écouter l’oiseau, de sentir le parfum de la rose et du jasmin, d’être touché par la délicatesse du myosotis, de savourer la framboise et la fraise des bois. Loin d’être du temps perdu, c’est le moment où notre cœur, s’ouvre à l’autre, à la création, à celui qui est proche ou lointain, mais qui est autre, différent, qui attend notre regard, notre écoute et notre amour.

Alors lorsqu’il est prêt, le cœur est capable de recevoir le grain de la Parole. Cette Parole qui nous permet de comprendre l’autre, de l’aider de l’aimer, de partager, de donner, de nous donner et de pardonner. Cette Parole meurt dans notre cœur pour nous faire revivre plus forts, plus vrais, plus grands. Le cœur est ce lieu où nous sommes proches de Dieu, où nous pouvons lui parler, lui dire que nous l’aimons, et que nous voulons le connaître davantage. Le cœur est ce lieu où Dieu est proche de nous, Il nous écoute, Il nous attend. C’est dans notre cœur que nous pouvons rencontrer Dieu. Donnons lui notre cœur comme la terre se donne à la graine, ainsi la Parole prendra chair en nous. Nous apprendrons à voir, à toucher, à goûter, à sentir et à écouter avec la tendresse de Dieu. Alors lorsque nous aurons laissé chaque sens de notre corps prendre vie en notre cœur, nous comprendrons pourquoi Dieu s’est fait homme, car rien n’est plus beau que l’humain. »

Françoise Dubost
Le Pin, juillet 2007



Domuni - Contact / e-mail Aide Accès aux cours Votre panier

Accès aux cours





Information

comment s'inscrire ? | qui sommes nous ? | nous contacter | accès aux cours | boutique | dossier de presse | témoignages d'étudiants | en bref... | liens |

Toutes les formations

Par thème Par série Par type Par niveau Par auteur Par catégorie

Découvrez...

La philosophie de la religion et le dialogue des civilisations

© copyrights DOMUNI 1998-2007 tous droits réservés
Plan du site - À propos du site - Adresse - Tel - Fax - pour nous contacter
adresse de cette page : http://www.domuni.org/La-Terre-et-le-Coeur.html